jeudi 12 avril 2012
jeudi 17 juin 2010
Correspondance
«A novel, like a letter, should be loose, cover much ground, run swiftly, take risk of mortality and decay. »
Saul Bellow, dans une lettre de 1953 à Bernard Malamud, cité dans le New Yorker du 26 avril 2010.
Saul Bellow, dans une lettre de 1953 à Bernard Malamud, cité dans le New Yorker du 26 avril 2010.
mercredi 28 avril 2010
Lulu
« En tant que solitaire, je considère comme mes deux droits les plus précieux celui qui me permet de choisir mes périodes de solitude et celui qui me permet de choisir les gens dont je souhaite la compagnie en mes périodes de sociabilité»
Louise Brooks, dans Louise Brooks par Louise Brooks (Pygmalion, 1983, traduction d'un recueil d'essais écrits par l'actrice pour le magazine anglais Sight and sound)
Louise Brooks, dans Louise Brooks par Louise Brooks (Pygmalion, 1983, traduction d'un recueil d'essais écrits par l'actrice pour le magazine anglais Sight and sound)
vendredi 19 mars 2010
Un Socrate russe
A propos de Skovoroda :
« Il avait lui-même creusé sa propre tombe, sur laquelle il avait fait graver : “Le monde m'a harcelé, mais il ne m'a pas pris” »
(Michel Evdokimov, Pèlerins russes et vagabonds mystiques)
« Il avait lui-même creusé sa propre tombe, sur laquelle il avait fait graver : “Le monde m'a harcelé, mais il ne m'a pas pris” »
(Michel Evdokimov, Pèlerins russes et vagabonds mystiques)
dimanche 28 février 2010
Un conseil de Flannery O'Connor
«Apprenez à peindre avec des mots», écrit-elle dans une lettre au professeur Ben Griffith du 8 juin 1955.
mercredi 3 février 2010
Au cinéma
Le saviez-vous ? «Durant la dernière décennie, ce sont exactement 225 films français qui sont sortis avec un titre intégrant soit la première, soit la deuxième personne, soit l'indéfini “on” mis pour “nous”.» Facétieux – il a appelé son article “Je suis un héros de film français” –, Fabien Baumann, dont le texte est extrait du dossier 'Bilan d'une décennie' de Positif, précise : « Dès l'année 2000, quatorze films français parlent au spectateur à la première personne, sur le ton de l'invective, de préférence. Un programme assez dense : Sauve-moi, Baise-moi, Epouse-moi (ouf !)» Il ajoute, plus loin : «Peu politisé, peu contestataire, le cinéma français des années 2000 passe son temps à créer du “nous”.» Essayer de créer du collectif avec de l'égocentrique, en somme.
vendredi 29 janvier 2010
Hygiène de vie
« Dites-moi, cela ne vous est-il jamais arrivé ? Vous êtes couchée dans la nuit, vous regardez le plafond dans le noir, paralysée de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l'étage, un enfant pleure et pleure à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé qu'au théâtre des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé de voir à l'horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N'avez-vous jamais trouvé une route dont les pavés sont capables de supporter précisément autant de pas qu'il vous en faut pour vous libérer de la douleur ?
Je crois fermement que le monde vient à votre secours. On ne sait ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois, être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même.
(…)
Non, ne vous étonnez pas. Il ne faut pas s'étonner. Peut-être faut-il en pleurer. Il faut serrer sa tête dans ses mains et aimer la vie avec ardeur, avec tant d'ardeur que tout cet amour finira par l'attendrir et par racheter sa malédiction. »
Milena Jesenská, “Mystérieuses rédemptions”, dans Vivre (recueil d'essais et de reportages, paru aux éditions Lieu Commun en 1986)
Je crois fermement que le monde vient à votre secours. On ne sait ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois, être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même.
(…)
Non, ne vous étonnez pas. Il ne faut pas s'étonner. Peut-être faut-il en pleurer. Il faut serrer sa tête dans ses mains et aimer la vie avec ardeur, avec tant d'ardeur que tout cet amour finira par l'attendrir et par racheter sa malédiction. »
Milena Jesenská, “Mystérieuses rédemptions”, dans Vivre (recueil d'essais et de reportages, paru aux éditions Lieu Commun en 1986)
jeudi 28 janvier 2010
A Sad Day for Bananafish
“It's everybody, I mean. Everything everybody does is so – I don't know – not wrong, or even mean, or even stupid necessarily. But just so tiny and meaningless, and – sad-making. And the worst part is, if you just go bohemian or something crazy like that, you're conforming just as much as everybody else, only in a different way.” She stopped. She shook her head briefly, her face quite white, and for just a fractional moment she felt her forehead with her hand –less, it seemed, to find out whether she were perspiring than to check to see, as if she were her own parent, whether she had a fever. “I feel so funny”, she said. “I think I'm going crazy. Maybe I'm already crazy.”
Franny, dans Franny and Zooey, de JD Salinger, 1919-2010
Franny, dans Franny and Zooey, de JD Salinger, 1919-2010
samedi 11 juillet 2009
The Unvelievable truth
- Le gros problème du rock'n'roll, c'est que la génération qui l'a créé s'est embourgeoisée. Le rock se donne des airs de rebelle, mais qui y croit encore ? Les stars ont cinquante ans, elles sont hyper riches ou font de la pub ! Leur révolution est devenue une industrie capitaliste ! Stop ! Heureusement, j'ai trouvé la musique contestataire d'aujourd'hui ! Une véritable agression contre les parents !
- De la musique de supermarché ??
- Et en plus je l'écoute doucement.
Calvin et Hobbes, Complètement surbookés ! (Tome 15), Bill Watterson
A méditer.
Sur une note connexe, penser à relire Le Baron Noir, de Pétillon (au scénario) et de Got, dont un critique de Chronic'art m'apprend qu'il s'agit de l'"un des rares exemples de comic-strip frenchy réussi" paru dans Le Matin de Paris de 1977 à 1980.
Inutile d'insister sur le fait que ces variations élégantes et stylisées sur le thème du rapace (Le baron noir, donc) fondant mécaniquement sur d'iimpuissants moutons comme métaphore de la société giscardienne a beaucoup, beaucoup d'échos avec celle d'aujourd'hui (la réédition est parue chez Glénat fin 1999, me semble-t-il).
Je laisserais le mot de la fin à Calvin et Hobbes :
- Hobbes, what do you think happens to us when we die ?
- I think we play saxophone for an all-girl cabaret in New Orleans.
- So you believe in heaven ?
- Call it what you like.
- De la musique de supermarché ??
- Et en plus je l'écoute doucement.
Calvin et Hobbes, Complètement surbookés ! (Tome 15), Bill Watterson
A méditer.
Sur une note connexe, penser à relire Le Baron Noir, de Pétillon (au scénario) et de Got, dont un critique de Chronic'art m'apprend qu'il s'agit de l'"un des rares exemples de comic-strip frenchy réussi" paru dans Le Matin de Paris de 1977 à 1980.
Inutile d'insister sur le fait que ces variations élégantes et stylisées sur le thème du rapace (Le baron noir, donc) fondant mécaniquement sur d'iimpuissants moutons comme métaphore de la société giscardienne a beaucoup, beaucoup d'échos avec celle d'aujourd'hui (la réédition est parue chez Glénat fin 1999, me semble-t-il).
Je laisserais le mot de la fin à Calvin et Hobbes :
- Hobbes, what do you think happens to us when we die ?
- I think we play saxophone for an all-girl cabaret in New Orleans.
- So you believe in heaven ?
- Call it what you like.
jeudi 12 février 2009
(It no longer) Smells like teen spirits… But wait for the final cut !
Je m'apprêtais à marquer ce passage dans une nouvelle décennie avec une vidéo bien sentie et qui ferait figure d'adieu –genre ironique et définitif– à mes jeunes années qui ont bel et bien pris envolées depuis ce 8 février.
Je pensais que The Bad Plus reprenant Smells like teen spirits dans une implacable version jazzy ferait définitivement l'affaire :
Voilà, cela me semblait conclure de façon distanciée cette période de ma vie. Mais c'était avant que je ne découvre cette extraordinaire vidéo qui me fait dire que l'adolescence finalement, est éternelle. Oh non, pas la mienne, mais celle dépeinte dans l'impitoyable It's a Bikini world. Check this out :
Liar liar, your pants on fire, your nose is longer than a telephone wire…
Je pensais que The Bad Plus reprenant Smells like teen spirits dans une implacable version jazzy ferait définitivement l'affaire :
Voilà, cela me semblait conclure de façon distanciée cette période de ma vie. Mais c'était avant que je ne découvre cette extraordinaire vidéo qui me fait dire que l'adolescence finalement, est éternelle. Oh non, pas la mienne, mais celle dépeinte dans l'impitoyable It's a Bikini world. Check this out :
Liar liar, your pants on fire, your nose is longer than a telephone wire…
lundi 5 janvier 2009
Poésie du lundi et esprit d'escalier
Voilà, c'est dit: lundi, c'est poésie. Je suis tombé un peu par hasard sur ces vers assez peu orthodoxes du poète anglais Philip Larkin, baptisés justement This be the verse…
They fuck you up, your mum and dad.
They may not mean to, but they do.
They fill you with the faults they had
And add some extra, just for you.
But they were fucked up in their turn
By fools in old-style hats and coats,
Who half the time were soppy-stern
And half at one another's throats.
Man hands on misery to man.
It deepens like a coastal shelf.
Get out as early as you can,
And don't have any kids yourself.
They fill you with the faults they had
And add some extra, just for you.
But they were fucked up in their turn
By fools in old-style hats and coats,
Who half the time were soppy-stern
And half at one another's throats.
Man hands on misery to man.
It deepens like a coastal shelf.
Get out as early as you can,
And don't have any kids yourself.
J'ai un peu la flemme de faire une rétrospective de la poésie britannique d'après-guerre –où Philip Larkin, mort en 1985, a apporté, je cite, «the drabness and ordinariness which seemed suddenly to afflict his countrymen, as Britain's glory ebbed, the economic situation worsened, and the sun set on empire». Mais ça peut se trouver dans le numéro 7 de la revue Aspen. Et si cela ne vous a pas convaincu de jeter un œil à cette revue publiée de 1965 à 1971, lisez cet article d'époque de Lou Reed dans son numéro 3 (The Pop Art issue), truffé de trucs réellement dingues.
samedi 13 décembre 2008
What I'll miss about America
Bon, maintenant que je suis rentré en France, j'ai évité la nostalgie jusque-là. Mais j'avoue que je regrette ce genre de personnages:
This Kentucky guy is a fine fellow. But the Moron Brothers are cool folks too.
This Kentucky guy is a fine fellow. But the Moron Brothers are cool folks too.
samedi 15 novembre 2008
vendredi 24 octobre 2008
La réserve géante d'argent
Je suis sûr que vous brûlez tous d'envie de connaître mon point de vue sur la crise financière mondiale… N'en ayant qu'une notion pour le moins abstraite, et après avoir essayé de comprendre comment la crise immobilière avait touché le Bronx, ça fait un moment que je me dis qu'il faut garder trace de l'excellente émission de radio This American Life qui a consacré sans doute les deux exposés les plus pédagogiques et les plus clairs que j'ai pu entendre, voir ou lire sur l'apocalypse de la finance mondiale.
La première, The Giant Pool of money, retrace le déroulement de l'explosion de la bulle immobilière en évoquant tous les maillons de la chaîne, du type sans un sou qui a eu un crédit hypothécaire de 540000 dollars sans aucune vérification de ses revenus, à toutes sortes d'étranges figures de Wall street et d'ingénieurs financiers, ou de simples assureurs.
L'autre, Another scary show about the economy, raconte la suite et les étapes de l'escalade jusqu'à la crise actuelle.
Comme tout ça est très triste et très absurde, and now something completely different:
La première, The Giant Pool of money, retrace le déroulement de l'explosion de la bulle immobilière en évoquant tous les maillons de la chaîne, du type sans un sou qui a eu un crédit hypothécaire de 540000 dollars sans aucune vérification de ses revenus, à toutes sortes d'étranges figures de Wall street et d'ingénieurs financiers, ou de simples assureurs.
L'autre, Another scary show about the economy, raconte la suite et les étapes de l'escalade jusqu'à la crise actuelle.
Comme tout ça est très triste et très absurde, and now something completely different:
samedi 27 septembre 2008
Global economic meltdown
Chanson de circonstance. On peut même consacrer trois heures à l'idée musicale d'une crise financière.
dimanche 7 septembre 2008
Chicago complaints choir
Bravant le déluge tombé ce week-end sur New York, j'ai quitté mes quartiers pour rejoindre PS1, l'annexe art contemporain du Moma, dans le Queens. Nonobstant l'eurodance éructée par le DJ qui officie dans la cour du musée ce samedi-là, j'ai préféré me rabattre sur l'exposition Arctic Hysteria. Un peu inégale, mais deux trois bricoles ont retenu mon attention
Parmi les choses plaisantes, j'ai bien aimé les vidéos des Complaints choir, un projet lancé par Tellervo Kalleinen et Oliver Kochta-Kallernein, deux artistes finlandais. Le concept est simple : ouvrir dans une ville des "bureaux des complaintes trouvées" où les gens viennent résumer en une phrase what's wrong with their life. Mis bout à bout, ça donne un cadavre exquis bizarrement local et universel, qu'une chorale d'habitants chante dans la rue. D'après ce que j'ai vu, il y a des complaints choirs à Singapour, Hambourg, Saint-Pétersbourg…
Ma préférée restant celle de Chicago et pas seulement parce qu'elle donne un aperçu sur The Windy city et le Cloud gate d'Anish Kapoor:
"All of America looks like the same strip mall/Garbage the size of Texas is floating in the Atlantic/Is war our only export?/I have nothing to wear/I am out of food/I hate my condo association/Women need too much attention/Portions are too big/I am always hungry/The toast is cold/Quit spreading germs ! Take the bus !/My boss prints his spam and hands it to me/People are so mean on the Internet…"
(L'exposition That was then… This is now, était peut-être encore mieux.)
Parmi les choses plaisantes, j'ai bien aimé les vidéos des Complaints choir, un projet lancé par Tellervo Kalleinen et Oliver Kochta-Kallernein, deux artistes finlandais. Le concept est simple : ouvrir dans une ville des "bureaux des complaintes trouvées" où les gens viennent résumer en une phrase what's wrong with their life. Mis bout à bout, ça donne un cadavre exquis bizarrement local et universel, qu'une chorale d'habitants chante dans la rue. D'après ce que j'ai vu, il y a des complaints choirs à Singapour, Hambourg, Saint-Pétersbourg…
Ma préférée restant celle de Chicago et pas seulement parce qu'elle donne un aperçu sur The Windy city et le Cloud gate d'Anish Kapoor:
"All of America looks like the same strip mall/Garbage the size of Texas is floating in the Atlantic/Is war our only export?/I have nothing to wear/I am out of food/I hate my condo association/Women need too much attention/Portions are too big/I am always hungry/The toast is cold/Quit spreading germs ! Take the bus !/My boss prints his spam and hands it to me/People are so mean on the Internet…"
(L'exposition That was then… This is now, était peut-être encore mieux.)
samedi 9 août 2008
vendredi 18 juillet 2008
jeudi 17 juillet 2008
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