samedi 8 décembre 2007

A message to you, Rudy

Rudy Giuliani m'écrit. Je sais, c'est étonnant que l'ancien maire de New York et candidat républicain testostéroné m'envoie une petite lettre, mais faut bien s'abonner à sa liste de diffusion pour se tenir au courant de la campagne.
Il y en a qui disent que Rudy Giuliani parle tout le temps du 11 septembre pour vendre sa candidature. C'est totalement faux, et j'en ai la preuve sonore ici (et là). Bonus : Rudy Giuliani lors de son émission de radio à New York entre 1994 et 1999, avec mauvaise foi en barre et méchanceté à tous les étages.
Donc Patrick Oxford, chairman of the presidential committee, me fait part de l'immense enthousiasme qui règne chez les supporters. "Quelle année ! Rudy Giuliani a posé les bases pour la victoire… et la nomination est à portée de main. Cette année, nous avons mis au point une stratégie gagnante et construit une équipe motivée. Et ce dur labeur est en train de payer."

Mais comme on parle de payer, justement, je me doutais que le message de Rudy n'était pas totalement désintéressé: Rudy me propose une photo dédicacée. Il y a quatre modèles: "Profile" (ambiance Reagan-regarde-un-avenir-sans-communistes sur fond de bannière étoilée), "Office" (détendu devant son bureau avec un sourire de winner), "Speech" (sur le terrain, avec la conviction que sa haute mission prête au grand fauve), "Rudy and Judith" (casual mais in love avec sa troisième femme). Détail étrange, Rudy pose sans ses lunettes.
Contribution demandée : "Allez-vous nous envoyer aujourd'hui votre généreuse contribution de 1000 $, 500$, 250$, 100, 50 ou 25$, et nous dire quelle photo originale, customisée et dédicacée de Rudy Giuliani ?"
Pour l'instant, j'hésite. J'aime bien le profil qui se découpe sur le drapeau américain. Je vous tiens au courant.

mercredi 28 novembre 2007

Celebrity deathmatch part 1 : the "Walk on by" contest

Roulements de tambour : j'ai le plaisir de vous présenter notre nouvelle rubrique à périodicité aléatoire, où les grands de ce monde viennent s'affronter autour d'un thème imposé. A vous de déterminer le vainqueur –parce que je peux pas tout faire, dudes–, en fonction de la qualité de l'interprétation, de la conviction, de l'éloquence et de la justesse du propos…
Pour entamer cette nouvelle série réalisée avec des moyens stupéfiants, la chanson Walk on by écrite par Burt Bacharach et Hal David. Nos compétiteurs :

- Dionne Warwick herself en mode minimaliste :



(Burt Bacharach raconte leur rencontre par ici, cela dit)

- Isaac Hayes en mode maximaliste :



- The Stranglers en mode, heu, en mode bourrin, quoi :



Que le meilleur wins, folks.

mardi 20 novembre 2007

Moving images, downtown beat and the working class

Peut-être est-ce à cause de notre promenade hivernale samedi dernier dans le Queens, dont les cuistres vous diront que c'est le nouveau Brooklyn –entendez avec un parfum de fièvre multiculturelle sans l'hyper-branchitude jeuniste et les opérations immobilières à grande échelle. Oui, voyez-vous, nous avons pris la ligne N, sommes descendus à la station Broadway, puis nous avons longé 31st street. Nous sommes passés devant les Kaufman-Astoria studios, deuxièmes plus gros studios américains après Los Angeles.
Point d'arrivée : l'American museum of moving images, dont je ne saurais trop chaudement vous recommander la visite si vous passez par ici (mais leur site est extrêmement bien foutu). Au menu, entre autres***, une étonnante collection des pulls portés par Bill Cosby dans le Cosby show, la perruque originale de Robert de Niro dans Taxi Driver ou la prothèse dentaire de Marlon Brando dans le Parrain. Et j'en passe et des meilleurs : la maquette originale de Los Angeles filmée dans Blade Runner, une exposition fascinante de jeux d'arcade old-school –dont les imparables Pong et Asteroids–, une console de télévision pour savoir ce qui se passe dans la tête d'un réalisateur quand il surveille un nuée de caméras filmant un match de base-ball… Amazing.

Mais je m'égare. Vous allez voir, le lien est ténu. Je découvre de manière presque concommitante que la ville dans un grand effort de sanitarisation sociale, veut supprimer l'Off-track betting, en gros le PMU local, petites échoppes qui abondent justement dans le Queens et où se presse une foule absorbée de petits vieux blue collar qui viennent dépenser leur Medicare sur des canassons galopant dans la poussière. "First it was your cigarettes. Then it was your cheeseburgers. Now they want your racing form…" Bref, on veut cacher la working class sous le tapis, pour son bien, et j'ai bien peur que l'arrivée de jeunes blancs becs dans mon genre ne contribue à ne les pousser dehors.

Soyons clairs, tout ça, les images en mouvement, les quartiers en transformation, l'assainissement urbain, c'est juste un prétexte pour revenir en arrière, au temps d'avant la gentrification et d'avant Giuliani, quand ça craignait vraiment du côté, mettons, d'Alphabet city ou du Lower East side, histoire de regarder quelques clips. Ouf. Extraits.

- Ce très beau clip de Liquid Liquid réalisé par les studios d'animation
de Michael Sporn en 1983



- Un clip paranoïaque des Bush Tetras, le bien nommé Too Many creeps filmé en 1982 :



- DNA joue dans l'émission TV Party diffusé sur le cable new-yorkais de 1978 à 1982 et présenté par Glenn O'Brien



- Lil'Rodney Cee, Frosty Freeze et Mr. Freeze, AKA Double Trouble + Rock Steady Crew in da movie Wild Style, "most important hip-hop movie ever", 1982-83, Lower East side



On peut aussi écouter l'excellent morceau Have a nice day des Distraction boys groupe garage punk dont je ne sais foutrement rien (sinon que c'est tiré d'un 45 tours "Live on Avenue B.", Cryptovision, 1985)


***
(ils proposent une expo en ligne absolument fascinante sur les campagnes télévisées depuis 1952…)

mardi 30 octobre 2007

Goodbye, Tony

Tony's gone for good… Let us all share our sad feelings with an old cowboy song :

Laisse pas traîner Dick Cheney (another hunting controversy)

Décidément, il vaut mieux tenir Dick Cheney éloigné de tout terrain de chasse afin d'éviter la polémique. La dernière fois, en février 2006, le vice-président avait blessé Harry M. Whittington, un juriste et soutien de campagne républicain, en traquant la caille dans un ranch du sud du Texas. Mais hier, alors que Cheney rendait une visite remarquée au Clove Valley Rod and Gun Club, un terrain de chasse privé à Union Vale dans le nord de l'état de New York, la présence sur les lieux d'un drapeau confédéré –pas vraiment le symbole le plus sympathique des Etats-Unis et un souvenir douloureux pour tous les Afro-américains– dans un garage déclenche déjà une nouvelle controverse sur les serial gaffes cynégétiques de Cheney. Surtout dans une période où la résurgence de cordes de pendus et l'affaire de Jena 6 n'incitent pas vraiment à l'optimisme quant aux relations interraciales aux Etats-Unis. Si les porte-parole de Cheney se sont empressés de clamer que celui-ci n'avait rien vu, ce nouveau trophée pourrait bien renvoyer une poignée de plomb dans les fesses d'un chasseur qui n'en a pas vraiment besoin. Cela dit, remarque un chasseur dans le New York Post, personne n'a été blessé. Pas sûr.

jeudi 11 octobre 2007

Take a trip

Ce blog sera encore moins reactif que d'habitude, pour cause de voyage a Paris : a suivre ici.

dimanche 7 octobre 2007

Rock'n'roll highschool (and other jokes)

Pour sortir ce blog du coma prolongé, rien de tel que quelques bonnes blagues des semaines précédentes recyclées ici sans vergogne… et un peu de musique.

- Mais d'abord, l'info people du jour : en me promenant tranquillement dans l'East Village, je remonte 10th street au croisement de l'Avenue A, quand soudain un visage familier arrête net le flux de ma conscience. Richard HELL himself !!!!! The man who wrote Blank generation ! Assis tranquillement devant un magasin ! Après m'être prosterné devant lui et lui avoir baisé les pieds, j'ai repris mon chemin en pleurant des larmes de joie. (Désolé, je n'ai ni autographe ni photos, il va falloir me croire sur parole.)

- Sinon, grâce l'étonnante video backlist de la New York Public Library, j'ai pu mettre la main sur Rock'n'roll Highschool, passionnante réflexion post-moderne sur le mal-être adolescent américain de la fin des années 1970… Ou comment les Ramones parviennent à renverser la névrose d'une université plongée sous le joug néo-conservateur de Ms. Togar. Here comes the trailer :



Non, j'exagère… Il s'agit d'un honnête navet (quoique poussif) tourné par Allan Arkush (avec l'aide apparemment non créditée de Joe Dante et Jerry Zucker) et produit par Roger Corman, qui vaut surtout pour le jeu assez minimaliste des Ramones eux-mêmes, notamment Joey en rocker sevré de pizzas, et pour des scènes live plus vraies que nature. Inutile de vous préciser quelles peuvent être les meilleures conditions pour regarder ce film qui écrase quand même toutes les productions postérieures en matière de teen movies.

- On me dit que j'en fais trop sur Ahmadinejad (voire commentaires du post précédent) ? Allez, zou, j'en remets une couche : le New Yorker jette dans son édition du 1er octobre (je sais je suis vraiment à la bourre) un regard ironique sur la venue du président iranien à Columbia University et un article réellement étonnant sur les Iraniens de New York qui ont partagé la rupture du jeûne avec le même. Le magazine en profite pour livrer une de ses couvertures les plus drôles (qui n'aurait pas dépareillé dans Charlie Hebdo). Et ce en mélangeant les deux histoires les plus absurdement américaines de ces derniers mois : les aventures de Larry Craig, sénateur républicain de l'Idaho, dans les toilettes de l'aéroport de Minneapolis et les tribulations de Mahmoud au pays des Freedom fries.



Dans le même numéro, j'ai l'impression que les plus anti-américains d'entre vous (et je sais qu'il en rôde par ici, de cette sinistre engeance djihado-communiste) verront leurs craintes confirmées quant à l'attitude de l'administration Bush à l'égard de l'Iran dans un article de Seymour M. Hersch.


- Scoop fracassant dans The Onion de la semaine dernière (je vous avais prévenu qu'il allait y avoir du recyclage) : après sa visite surprise à Bagdad pendant le Labor Day, George W. Bush en a effectué une autre, à la Maison blanche cette fois-ci. "Le président des Etats-Unis est bien la dernière personne que je pensais croiser en allant au travail", déclare Alexander Mistri, conseiller spécial du président pour les questions législatives. (Plagiat éhonté d'un post de Corine Lesnes dans Big picture)

- Comme on parle de Bush et qu'il faut bien tempérer le parti-pris pro-républicain de ce blog, autant vous dire que je me suis rendu il y a quelques semaines au Colbert Report (thanks, Ivana!). Si vous ne connaissez pas le personnage de Stephen Colbert, dont l'impeccable incarnation d'un présentateur républicain ferait passer Bill O'Reilly de Fox News pour une lavette démocrate, a fait de lui, avec Jon Stewart, le type le plus drôle des Etats-Unis, précipitez vous ici. Un grand moment de foutage de gueule du président lors du gala de 2006 des correspondants de la Maison Blanche. Si vous êtes de passage à New York et que vous êtes prêt à faire la queue pendant deux heures, vous pouvez assister gratuitement à son show en réservant une place des mois à l'avance (quoiqu'apparemment, vu le nombre de demandes, ça risque de ne pas le faire dans l'immédiat). Show millimétré, studio surchauffé, humour acide. Quand on se dit qu'en France, on a Laurent Ruquier…

- Sinon, quand vous vous faites amputer d'une jambe, un bon conseil, ne rangez pas la jambe en question dans votre barbecue.

- Une pizza aux cookies Oreo ? Yeurk blouarg… Pourtant, ça existe :



- Sinon, le soundtrack de la semaine :
1) Bobby Soxx and the Teenage queers - Learn to hate in the eighties (classic punk rock from Dallas, sur la compilation Bloodstains across Texas)

2) Mambo Taxi - Foolish Litte girl (reprise façon Marine Girls d'un classique des Shirelles). J'imagine qu'il est difficile se procurer cette magnifique cover par cet éphémère groupe anglais qui partage des liens avec Huggy Bear et Blood Sausage. Comme je n'ai pas trouvé de vidéo très probante, je me suis, dans le genre Riot grrrl, rabattu sur Bratmobile, dont je me souviens d'un très bon split-single Words and smiles avec Tiger Trap sur Four-Letter word records :



3) Hybrid Kids (Punky and Porky) - God save the queen sur la compilation A Collection of hybrid mutants sortie sur Cherry Red en 1979. Version trafiquée à la Devo des Sex Pistols sur cette compilation de reprises expérimentales de tubes punk et disco par Morgan Fisher, ancien membre, de Mott The Hoople.

4) New Order - Blue Monday. Sur la compilation International parue aux Etats-Unis en 2002 sur Rhino.

5) Wu Tang Clan - The W. Local flavor.