Je m'étais promis de ne pas remettre de vidéos, mais disons que c'est la dernière fois et que c'est dans l'intention d'illustrer mon propos.
Bon, j'imagine que vous n'êtes pas nécessairement familier du classement des meilleures ventes de livres du New York Times. La coincidence est amusante et/ou révélatrice, je ne sais pas trop de quoi, mais je suppose qu'elle mérite d'être notée. Alors que le livre de Stephen Colbert (déjà évoqué ici et quelque part par là) caracole en tête des ventes de hardccover nonfiction, voilà qu'il se fait coiffer au poteau après six semaines de présence par An inconvenient book de Glenn Beck.
Donc Stephen Colbert, qui a disparu depuis peu des écrans suite à la grève des scénaristes et auteurs de TV américains, incarne le personnage d'un commentateur conservateur à faire rougir de faiblesse George W. Bush
A la TV, ça donne ça, dans le Colbert Report, le 1er octobre :
J'avoue que j'ai un petit faible pour celle-ci sur les conséquences bienfaisantes de "la main invisible du marché" sur le nombre de morts en Irak:
Donc il en profite pour sortir un bouquin baptisé I am America (and so can you !) qui fait un tabac aux states, toujours en se foutant précisément de la gueule des vrais commentateurs réacs qui pululent sur le cable.
Ensuite, Glenn Beck. Hmm. L'original, en quelque sorte, mais en plus vulgaire. Un ancien alcoolique devenu mormon, interesting isn't it ? En plus de déverser un venin néo-conservateur aussi épais que celui d'Ann Coulter sur les ondes radiophoniques, il anime un show de trash infotainment de la plus crasse bêtise sur CNN, pleins de thèses hallucinatoires sur le grand complot des médias libéraux contre l'Amérique redneck et le racisme dont seraient victimes les chrétiens américains en général. Un exemple: une fine analyse des émeutes dans les banlieues françaises derrière laquelle s'est bien sûr glissé la main des islamo-fascistes (et d'Ahmadinejad, évidemment). Ouvrez les guillemets, avec des pincettes:
Voilà. Maintenant la caricature et l'original se tire la bourre en tête des ventes. Etonnant, non ?
jeudi 13 décembre 2007
mardi 11 décembre 2007
Celebrity deathmatch part 2 : the "best fishing trip mate" contest
SI vous étiez John Lurie (Lounge Lizards, Stranger than Paradise, Down by Law etc…), avec qui préfèreriez-vous partir pour une bonne partie de pêche ?
a) Jim Jarmush ?
b) Tom Waits ?
c) Willem Dafoe ?
Bonus : Del Byzanteens avec Lurie au saxo et Jarmush aux claviers
a) Jim Jarmush ?
b) Tom Waits ?
c) Willem Dafoe ?
Bonus : Del Byzanteens avec Lurie au saxo et Jarmush aux claviers
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lundi 10 décembre 2007
A sign from God
Si Dieu existe, il n'aime pas Ronald Mc Donald. C'est la terrible conclusion d'un triste épisode qui s'est déroulé lundi dans un vilain fast-food de cette même enseigne sis sur 3rd avenue entre la 50eme et la 51eme. Tandis que je cède furtivement à ma passion coupable pour les cheeseburgers, mon voisin frétille du genou en tournant les pages du New York Post (nous déjeunons face au mur, sur une petite tablette). Et là, alors que j'ingurgite à toute vitesse mon repas de midi, horreur suprême : le bougre est en train de manger sa serviette en papier. Rapidement, l'air de rien, mais il est en train de tout bouffer à pleines dents. Je ne regarderai plus jamais un Big Mac du même œil. Father God, forgive me for eating this evil, evil food. I offer my repentance to you my Father in Heaven and ask your forgiveness.
samedi 8 décembre 2007
A message to you, Rudy
Rudy Giuliani m'écrit. Je sais, c'est étonnant que l'ancien maire de New York et candidat républicain testostéroné m'envoie une petite lettre, mais faut bien s'abonner à sa liste de diffusion pour se tenir au courant de la campagne.
Il y en a qui disent que Rudy Giuliani parle tout le temps du 11 septembre pour vendre sa candidature. C'est totalement faux, et j'en ai la preuve sonore ici (et là). Bonus : Rudy Giuliani lors de son émission de radio à New York entre 1994 et 1999, avec mauvaise foi en barre et méchanceté à tous les étages.
Donc Patrick Oxford, chairman of the presidential committee, me fait part de l'immense enthousiasme qui règne chez les supporters. "Quelle année ! Rudy Giuliani a posé les bases pour la victoire… et la nomination est à portée de main. Cette année, nous avons mis au point une stratégie gagnante et construit une équipe motivée. Et ce dur labeur est en train de payer."
Mais comme on parle de payer, justement, je me doutais que le message de Rudy n'était pas totalement désintéressé: Rudy me propose une photo dédicacée. Il y a quatre modèles: "Profile" (ambiance Reagan-regarde-un-avenir-sans-communistes sur fond de bannière étoilée), "Office" (détendu devant son bureau avec un sourire de winner), "Speech" (sur le terrain, avec la conviction que sa haute mission prête au grand fauve), "Rudy and Judith" (casual mais in love avec sa troisième femme). Détail étrange, Rudy pose sans ses lunettes.
Contribution demandée : "Allez-vous nous envoyer aujourd'hui votre généreuse contribution de 1000 $, 500$, 250$, 100, 50 ou 25$, et nous dire quelle photo originale, customisée et dédicacée de Rudy Giuliani ?"
Pour l'instant, j'hésite. J'aime bien le profil qui se découpe sur le drapeau américain. Je vous tiens au courant.
Il y en a qui disent que Rudy Giuliani parle tout le temps du 11 septembre pour vendre sa candidature. C'est totalement faux, et j'en ai la preuve sonore ici (et là). Bonus : Rudy Giuliani lors de son émission de radio à New York entre 1994 et 1999, avec mauvaise foi en barre et méchanceté à tous les étages.
Donc Patrick Oxford, chairman of the presidential committee, me fait part de l'immense enthousiasme qui règne chez les supporters. "Quelle année ! Rudy Giuliani a posé les bases pour la victoire… et la nomination est à portée de main. Cette année, nous avons mis au point une stratégie gagnante et construit une équipe motivée. Et ce dur labeur est en train de payer."
Mais comme on parle de payer, justement, je me doutais que le message de Rudy n'était pas totalement désintéressé: Rudy me propose une photo dédicacée. Il y a quatre modèles: "Profile" (ambiance Reagan-regarde-un-avenir-sans-communistes sur fond de bannière étoilée), "Office" (détendu devant son bureau avec un sourire de winner), "Speech" (sur le terrain, avec la conviction que sa haute mission prête au grand fauve), "Rudy and Judith" (casual mais in love avec sa troisième femme). Détail étrange, Rudy pose sans ses lunettes.
Contribution demandée : "Allez-vous nous envoyer aujourd'hui votre généreuse contribution de 1000 $, 500$, 250$, 100, 50 ou 25$, et nous dire quelle photo originale, customisée et dédicacée de Rudy Giuliani ?"
Pour l'instant, j'hésite. J'aime bien le profil qui se découpe sur le drapeau américain. Je vous tiens au courant.
mercredi 28 novembre 2007
Celebrity deathmatch part 1 : the "Walk on by" contest
Roulements de tambour : j'ai le plaisir de vous présenter notre nouvelle rubrique à périodicité aléatoire, où les grands de ce monde viennent s'affronter autour d'un thème imposé. A vous de déterminer le vainqueur –parce que je peux pas tout faire, dudes–, en fonction de la qualité de l'interprétation, de la conviction, de l'éloquence et de la justesse du propos…
Pour entamer cette nouvelle série réalisée avec des moyens stupéfiants, la chanson Walk on by écrite par Burt Bacharach et Hal David. Nos compétiteurs :
- Dionne Warwick herself en mode minimaliste :
(Burt Bacharach raconte leur rencontre par ici, cela dit)
- Isaac Hayes en mode maximaliste :
- The Stranglers en mode, heu, en mode bourrin, quoi :
Que le meilleur wins, folks.
Pour entamer cette nouvelle série réalisée avec des moyens stupéfiants, la chanson Walk on by écrite par Burt Bacharach et Hal David. Nos compétiteurs :
- Dionne Warwick herself en mode minimaliste :
(Burt Bacharach raconte leur rencontre par ici, cela dit)
- Isaac Hayes en mode maximaliste :
- The Stranglers en mode, heu, en mode bourrin, quoi :
Que le meilleur wins, folks.
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mardi 20 novembre 2007
Moving images, downtown beat and the working class
Peut-être est-ce à cause de notre promenade hivernale samedi dernier dans le Queens, dont les cuistres vous diront que c'est le nouveau Brooklyn –entendez avec un parfum de fièvre multiculturelle sans l'hyper-branchitude jeuniste et les opérations immobilières à grande échelle. Oui, voyez-vous, nous avons pris la ligne N, sommes descendus à la station Broadway, puis nous avons longé 31st street. Nous sommes passés devant les Kaufman-Astoria studios, deuxièmes plus gros studios américains après Los Angeles.
Point d'arrivée : l'American museum of moving images, dont je ne saurais trop chaudement vous recommander la visite si vous passez par ici (mais leur site est extrêmement bien foutu). Au menu, entre autres***, une étonnante collection des pulls portés par Bill Cosby dans le Cosby show, la perruque originale de Robert de Niro dans Taxi Driver ou la prothèse dentaire de Marlon Brando dans le Parrain. Et j'en passe et des meilleurs : la maquette originale de Los Angeles filmée dans Blade Runner, une exposition fascinante de jeux d'arcade old-school –dont les imparables Pong et Asteroids–, une console de télévision pour savoir ce qui se passe dans la tête d'un réalisateur quand il surveille un nuée de caméras filmant un match de base-ball… Amazing.
Mais je m'égare. Vous allez voir, le lien est ténu. Je découvre de manière presque concommitante que la ville dans un grand effort de sanitarisation sociale, veut supprimer l'Off-track betting, en gros le PMU local, petites échoppes qui abondent justement dans le Queens et où se presse une foule absorbée de petits vieux blue collar qui viennent dépenser leur Medicare sur des canassons galopant dans la poussière. "First it was your cigarettes. Then it was your cheeseburgers. Now they want your racing form…" Bref, on veut cacher la working class sous le tapis, pour son bien, et j'ai bien peur que l'arrivée de jeunes blancs becs dans mon genre ne contribue à ne les pousser dehors.
Soyons clairs, tout ça, les images en mouvement, les quartiers en transformation, l'assainissement urbain, c'est juste un prétexte pour revenir en arrière, au temps d'avant la gentrification et d'avant Giuliani, quand ça craignait vraiment du côté, mettons, d'Alphabet city ou du Lower East side, histoire de regarder quelques clips. Ouf. Extraits.
- Ce très beau clip de Liquid Liquid réalisé par les studios d'animation
de Michael Sporn en 1983
- Un clip paranoïaque des Bush Tetras, le bien nommé Too Many creeps filmé en 1982 :
- DNA joue dans l'émission TV Party diffusé sur le cable new-yorkais de 1978 à 1982 et présenté par Glenn O'Brien
- Lil'Rodney Cee, Frosty Freeze et Mr. Freeze, AKA Double Trouble + Rock Steady Crew in da movie Wild Style, "most important hip-hop movie ever", 1982-83, Lower East side
On peut aussi écouter l'excellent morceau Have a nice day des Distraction boys groupe garage punk dont je ne sais foutrement rien (sinon que c'est tiré d'un 45 tours "Live on Avenue B.", Cryptovision, 1985)
*** (ils proposent une expo en ligne absolument fascinante sur les campagnes télévisées depuis 1952…)
Point d'arrivée : l'American museum of moving images, dont je ne saurais trop chaudement vous recommander la visite si vous passez par ici (mais leur site est extrêmement bien foutu). Au menu, entre autres***, une étonnante collection des pulls portés par Bill Cosby dans le Cosby show, la perruque originale de Robert de Niro dans Taxi Driver ou la prothèse dentaire de Marlon Brando dans le Parrain. Et j'en passe et des meilleurs : la maquette originale de Los Angeles filmée dans Blade Runner, une exposition fascinante de jeux d'arcade old-school –dont les imparables Pong et Asteroids–, une console de télévision pour savoir ce qui se passe dans la tête d'un réalisateur quand il surveille un nuée de caméras filmant un match de base-ball… Amazing.
Mais je m'égare. Vous allez voir, le lien est ténu. Je découvre de manière presque concommitante que la ville dans un grand effort de sanitarisation sociale, veut supprimer l'Off-track betting, en gros le PMU local, petites échoppes qui abondent justement dans le Queens et où se presse une foule absorbée de petits vieux blue collar qui viennent dépenser leur Medicare sur des canassons galopant dans la poussière. "First it was your cigarettes. Then it was your cheeseburgers. Now they want your racing form…" Bref, on veut cacher la working class sous le tapis, pour son bien, et j'ai bien peur que l'arrivée de jeunes blancs becs dans mon genre ne contribue à ne les pousser dehors.
Soyons clairs, tout ça, les images en mouvement, les quartiers en transformation, l'assainissement urbain, c'est juste un prétexte pour revenir en arrière, au temps d'avant la gentrification et d'avant Giuliani, quand ça craignait vraiment du côté, mettons, d'Alphabet city ou du Lower East side, histoire de regarder quelques clips. Ouf. Extraits.
- Ce très beau clip de Liquid Liquid réalisé par les studios d'animation
de Michael Sporn en 1983
- Un clip paranoïaque des Bush Tetras, le bien nommé Too Many creeps filmé en 1982 :
- DNA joue dans l'émission TV Party diffusé sur le cable new-yorkais de 1978 à 1982 et présenté par Glenn O'Brien
- Lil'Rodney Cee, Frosty Freeze et Mr. Freeze, AKA Double Trouble + Rock Steady Crew in da movie Wild Style, "most important hip-hop movie ever", 1982-83, Lower East side
On peut aussi écouter l'excellent morceau Have a nice day des Distraction boys groupe garage punk dont je ne sais foutrement rien (sinon que c'est tiré d'un 45 tours "Live on Avenue B.", Cryptovision, 1985)
*** (ils proposent une expo en ligne absolument fascinante sur les campagnes télévisées depuis 1952…)
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