Quelques exemples au hasard des rues du quartier faubourg Marigny :
mercredi 2 juillet 2008
Shotgun houses
Si ma légende est bonne, on appelle ces maisons toute en longueur des shotgun houses parce que leurs murs sont si fins que si vous tirez une balle dedans, elle ressortira de l'autre côté.
Quelques exemples au hasard des rues du quartier faubourg Marigny :



Les rues de la Nouvelle-Orléans sont parcourues de signes macabres. Non seulement parce qu'elles côtoient des cimetières à l'européenne qui semblent fasciner les touristes américains et parce que des magasins d'artefacts vaudous pulullent. Mais il y a aussi les dessins abstraits sur les maisons qui ajoutent une note lugubre au crescendo de la chaleur. Chaque maison inspectée après Katrina est frappée d'une croix marquant le jour de la visite des sauveteurs et le nombre de personnes retrouvées, dead or alive.

Quelques exemples au hasard des rues du quartier faubourg Marigny :
mardi 1 juillet 2008
The Big Easy
Je ne sais pas si c'est la chaleur de plomb ou les vacances, si c'est parce qu'on dirait le Sud ou bien parce que la ville a toujours du plomb dans l'aile, mais à part les grappes de touristes ébahis devant les jeunes nubiles à poil dans Bourbon street, tout a l'air de tourner au ralenti, volets clos, rues à moitié vides. Sauf le soir, où tout s'anime furieusement :
lundi 30 juin 2008
samedi 19 avril 2008
Fjordisme
Après les vacances du blog, les vraies vacances : de retour de deux semaines au Canada, voici un extrait de l'album de diapositives de notre safari au Québec. Appelons-le "Souvenirs d'une expédition dans le parc national du Saguenay" (en moto-neige puis pieds nus dans la poudreuse) pour rejoindre "the southernmost fjord in the world", dixit notre guide.
vendredi 4 avril 2008
Dean Wareham, Luna au Jimmy, notre folle jeunesse etc.
Un blog, paraît-il, c'est comme une carte de membre d'un club de gym : suffit pas de l'avoir, faut aussi la renouveler. Et face à l'ampleur de la tâche, j'aurais sans doute besoin d'un coach personnel.
Anyway, ces derniers temps, je suis resté plongé dans une lecture assez fascinante : Black Postcards, A Rock'n'roll romance, l'autobiographie de Dean Wareham, ancien chanteur de Luna et de Galaxie 500. [Je suis tombé par hasard sur la vidéo ci-dessous, very funny :
Fin de la parenthèse. ]
Donc Black Postcards (à écouter à la radio ici), c'est très drôle, précis comme le Dylan des Chroniques quoique stylistiquement moins sophistiqué, mais bien écrit, distancié, bourré d'humour à froid et d'anecdotes, où Wareham règle d'abord ses comptes avec Damon et Naomi (qui ont déjà règlé les leurs avec lui, apparemment).
Si l'on est un non-rocker, on apprend beaucoup de choses sur la vie en tournée et en studios. Il évoque aussi ses premiers concerts de Richard Hell et de Gang of four à New York, ses études à Harvard (où une frange de notre lectorat goûtera le fait que le jeune Wareham lisait du Trotsky et du Lénine, en distribuant à la sortie des cours L'Avant-Guarde des travailleurs, la feuille de choux de la Ligue spartakiste à laquelle il appartenait). Ou sa rencontre avec Peter Hook, de Joy division, qui leur montre comment jouer à la basse Ceremony de New Order. Ou les tournées dans l'ancien bus de Willie Nelson.
Sinon, il raconte aussi la fois où après avoir fait la première partie de Lou Reed, sur sa tournée Hooky Wooky de sinistre mémoire il se retrouve backstage à faire la queue derrière Lou pour aller pisser. "Sarcastique, il me dit : "Tellement glamour, hein ?" Mais c'était glamour pour moi, je suis backstage en train de discuter avec Lou Reed !"
Coup de chance, il faisait il y a peu une lecture de son bouquin dans un bar typiquement brooklynien, Union hall, à Park Slope (avec des pistes de pétanque en ciment, une bibliothèque et deux fausses cheminées). Le bonhomme a vieilli, mais il a gardé un air poupon et désinvolte. Il lit un passage où il est poursuivi par une fan japonaise qui lui laisse son journal intime (écrit en japonais), et celui où il trompe sa femme en roulant des patins à une hôtesse de l'air espagnole. Mauvaise augure : il finira par se séparer avec sa femme après avoir été tombé dans les bras de Britta Phillips (la bassiste sexy qui a remplacé Justin Harwood dans Luna).
Après en dépit d'un son pourri, il joue quelques morceaux dont un très beau Fourth of July.
Dans le livre, le bonhomme se souvient de tout. Même du passage au Jimmy dont certains dans l'attendance doivent se souvenir. Je cite :
"Ensuite, c'était Bordeaux, où nous avons joué dans un légendaire petit club punk rock appelé le Jimmy. Un club punk peut devenir légendaire simplement pour avoir fait jouer des groupes cool dans les années 1980 et avoir réussi à garder la tête hors de l'eau par la suite. Et si les toilettes ne marchent pas, tant pis."
Ceux qui y étaient doivent s'en souvenir. La suite vaut le coup :
"Notre hôtel était bizarre, décoré sur un thème nautique, avec des petits hublots à la place des fenêtres. J'avais ma propre chambre ce soir-là, et j'ai regardé un excellent film porno à la télé. Tout le monde y portait des masques et des perruques blanches, en dansant follement et en se sodomisant. C'est marrant de rester seul dans une chambre d'hôtel, en buvant une Kronembourg froide et en regardant tranquillement un porno français."
Les connaisseurs de la scène musicale bordelaise (Perdus dans la cuisine, Summer Factory)
apprécieront par ailleurs cette remarque : "Les bons batteurs tendent à venir de villes de banlieue. Ils ont un avantage : un garage, une cave, de l'espace… " Bon, la remarque évoque Stanley Demeski, l'ancien batteur des Feelies qui a rejoint Luna, mais elle pourrait être généralisé.
En parlant de Bordeaux, l'autre jour, je suis allé voir Adam Kesher jouer à Brooklyn… Non, je déconne, bien sûr, j'ai gardé mes dollars pour aller voir Old Time Relijun à la Knitting Factory. Great show ! Et la Knitting Factory reste pour l'instant ce qui ressemble le plus à l'idée que je me faisais d'une salle eighties lugubre de New York.
Et je m'apprête, après être allé voir les New Jersey Nets contre les Toronto raptors ce samedi, à aller voir un concert de l'excellent Kelley Stoltz dont je ne saurais vous vanter assez chaudement le dernier album Circular sounds, vraie bombe pop sixties d'inspiration raydavisienne, brianwilsonienne et kevinayersienne.
[Et si vous pouvez, jetez une oreille sur cette session live à la radio des terribles Lo Moda, très bon groupe de post-punk contemplatif de Baltimore, notamment leur morceau The Plagiarist.]
Désolé pour cette tartine pleine de private jokes.
Mais je m'interroge : le jour où l'on commence à être nostalgique en lisant les remarques qu'un vieux rocker fait sur un concert que l'on a vu dix ans plus tôt, c'est que l'on est soi-même devenu vieux, non ?
Anyway, ces derniers temps, je suis resté plongé dans une lecture assez fascinante : Black Postcards, A Rock'n'roll romance, l'autobiographie de Dean Wareham, ancien chanteur de Luna et de Galaxie 500. [Je suis tombé par hasard sur la vidéo ci-dessous, very funny :
Fin de la parenthèse. ]
Donc Black Postcards (à écouter à la radio ici), c'est très drôle, précis comme le Dylan des Chroniques quoique stylistiquement moins sophistiqué, mais bien écrit, distancié, bourré d'humour à froid et d'anecdotes, où Wareham règle d'abord ses comptes avec Damon et Naomi (qui ont déjà règlé les leurs avec lui, apparemment).
Si l'on est un non-rocker, on apprend beaucoup de choses sur la vie en tournée et en studios. Il évoque aussi ses premiers concerts de Richard Hell et de Gang of four à New York, ses études à Harvard (où une frange de notre lectorat goûtera le fait que le jeune Wareham lisait du Trotsky et du Lénine, en distribuant à la sortie des cours L'Avant-Guarde des travailleurs, la feuille de choux de la Ligue spartakiste à laquelle il appartenait). Ou sa rencontre avec Peter Hook, de Joy division, qui leur montre comment jouer à la basse Ceremony de New Order. Ou les tournées dans l'ancien bus de Willie Nelson.
Sinon, il raconte aussi la fois où après avoir fait la première partie de Lou Reed, sur sa tournée Hooky Wooky de sinistre mémoire il se retrouve backstage à faire la queue derrière Lou pour aller pisser. "Sarcastique, il me dit : "Tellement glamour, hein ?" Mais c'était glamour pour moi, je suis backstage en train de discuter avec Lou Reed !"
Coup de chance, il faisait il y a peu une lecture de son bouquin dans un bar typiquement brooklynien, Union hall, à Park Slope (avec des pistes de pétanque en ciment, une bibliothèque et deux fausses cheminées). Le bonhomme a vieilli, mais il a gardé un air poupon et désinvolte. Il lit un passage où il est poursuivi par une fan japonaise qui lui laisse son journal intime (écrit en japonais), et celui où il trompe sa femme en roulant des patins à une hôtesse de l'air espagnole. Mauvaise augure : il finira par se séparer avec sa femme après avoir été tombé dans les bras de Britta Phillips (la bassiste sexy qui a remplacé Justin Harwood dans Luna).
Après en dépit d'un son pourri, il joue quelques morceaux dont un très beau Fourth of July.
Dans le livre, le bonhomme se souvient de tout. Même du passage au Jimmy dont certains dans l'attendance doivent se souvenir. Je cite :
"Ensuite, c'était Bordeaux, où nous avons joué dans un légendaire petit club punk rock appelé le Jimmy. Un club punk peut devenir légendaire simplement pour avoir fait jouer des groupes cool dans les années 1980 et avoir réussi à garder la tête hors de l'eau par la suite. Et si les toilettes ne marchent pas, tant pis."
Ceux qui y étaient doivent s'en souvenir. La suite vaut le coup :
"Notre hôtel était bizarre, décoré sur un thème nautique, avec des petits hublots à la place des fenêtres. J'avais ma propre chambre ce soir-là, et j'ai regardé un excellent film porno à la télé. Tout le monde y portait des masques et des perruques blanches, en dansant follement et en se sodomisant. C'est marrant de rester seul dans une chambre d'hôtel, en buvant une Kronembourg froide et en regardant tranquillement un porno français."
Les connaisseurs de la scène musicale bordelaise (Perdus dans la cuisine, Summer Factory)
apprécieront par ailleurs cette remarque : "Les bons batteurs tendent à venir de villes de banlieue. Ils ont un avantage : un garage, une cave, de l'espace… " Bon, la remarque évoque Stanley Demeski, l'ancien batteur des Feelies qui a rejoint Luna, mais elle pourrait être généralisé.
En parlant de Bordeaux, l'autre jour, je suis allé voir Adam Kesher jouer à Brooklyn… Non, je déconne, bien sûr, j'ai gardé mes dollars pour aller voir Old Time Relijun à la Knitting Factory. Great show ! Et la Knitting Factory reste pour l'instant ce qui ressemble le plus à l'idée que je me faisais d'une salle eighties lugubre de New York.
Et je m'apprête, après être allé voir les New Jersey Nets contre les Toronto raptors ce samedi, à aller voir un concert de l'excellent Kelley Stoltz dont je ne saurais vous vanter assez chaudement le dernier album Circular sounds, vraie bombe pop sixties d'inspiration raydavisienne, brianwilsonienne et kevinayersienne.
[Et si vous pouvez, jetez une oreille sur cette session live à la radio des terribles Lo Moda, très bon groupe de post-punk contemplatif de Baltimore, notamment leur morceau The Plagiarist.]
Désolé pour cette tartine pleine de private jokes.
Mais je m'interroge : le jour où l'on commence à être nostalgique en lisant les remarques qu'un vieux rocker fait sur un concert que l'on a vu dix ans plus tôt, c'est que l'on est soi-même devenu vieux, non ?
vendredi 15 février 2008
Une nouvelle vidéo idiote pour patienter
J'ai pas mal de trucs à raconter mais je n'ai vraiment pas eu le temps cette semaine et les précédentes. Même pas eu le temps de remercier tous mes amis qui ont pensé à me ssouhaiter un bon anniversaire (et ceux dont je l'ai oublié à maintes reprises, ils se retrouveront, I think about you, my friends). Pour fêter ça et meubler un peu, le temps de patienter, la vidéo la plus étrangement hilarante que j'ai vu ces derniers temps. Ça s'appelle "Bollyweird" pour des raisons que vous comprendrez aisément en la regardant. Trouvé ça sur le blog du collectif To live and shave in LA.
Pretty scary stuff but enjoy !
Pretty scary stuff but enjoy !
vendredi 11 janvier 2008
Nice gigs – Glenn Mercer (from The Feelies) / Tyvek
C'est une vraie jachère, par ici. Ça fait un moment, cher blog, que je ne suis pas venu poser ma grosse prosse ampoulée dans le coin. Et comme demain c'est Super Bowl et que mardi c'est confrontation en direct avec les électeurs américains pour le Super Tuesday, je profite du calme avant la tempête.
Donc, j'ai fait deux trois trucs dernièrement. J'ai bien entamé Extremely loud and incredibly close de Jonathan Safran Foer très original, drôle et triste, une sorte d'Attrape cœur de Salinger transposé dans le New York d'après le 11 septembre mais il y a pire référence. Je suis aussi allé voir quelques concerts.
D'abord Tyvek au Cake Shop dans le Lower east side. Un groupe de Detroit, Michigan, de la meilleure espèce de punk qui dépote, en dépit d'un son pourri et d'un retard de deux heures sur le programme. Le chanteur chante faux, les trois guitares sont mal accordées, mais l'ambiance The Fall sur fil de fer barbelés vaut le coup. Leur tube s'appelle Give it up. Et c'est un groupe qui ne prend pas de pose, à la différence d'autres gros connards comme ceux-ci : c'est une parenthèse mais vous avez déjà entendu parler d'un groupe français qui s'appelle The Teenagers ? Ces blaireaux jouaient cette semaine à New York. Et des têtes à claque pareilles, on n'en croise pas tous les jours. Ça donne limite des envies de meurtre.
Donc Glenn Mercer au Maxwell's, à Hoboken, dans le New Jersey. Il est venu en voisin puisque les Feelies se sont formés pas très loin, à Haledon. Ironiquement, c'est dans cette même salle que le groupe a donné son dernier concert.
C'est toujours un peu l'aventure pour aller au Maxwell's parce qu'il faut sortir de New York en prenant le Path, un métro alternatif au subway new-yorkais qui part depuis le World Trade Center, laissant l'impression que l'on passe sous un immense cimetière de fantôme.
Après il faut marcher dans Hoboken. La ville dégage un charme presque provincial, avec ses commerces tous alignées le long de la rue principale, Washington street. Et là on arrive , au croisement avec 10th street dans un lieu merveilleux. La meilleure salle où je me sois rendu ici, je trouve, avec un bar-restaurant en brique rouge où on peut manger pour pas cher en attendant d'aller voir le concert dans la salle adjacente. On peut patienter grâce à un jukebox très très sophistiqué (ma dernière playlist : un Modern Lovers, The Castaways, les Buzzcocks). Le public est à des milliers d'années de celui de New York, il y a nettement moins de trendy people et plus de gens normaux voire même une vieille dame avec un déambulateur (la maman de Glenn Mercer ?) et un routier à casquette et chemise en jean.
Le concert était merveilleux. On dirait qu'on l'a ressorti d'un bocal de formol tant il ressemble au Glenn Mercer d'il y a dix ans. Il porte des lunettes de soleil, n'esquisse pas l'ombre d'un sourire, dit tout juste merci entre les morceaux et serre les mâchoires en grimaçant. Il y a un nerd barbu en transe juste devant la scène qui gigote encore plus lorsqu'il joue un morceau des Feelies (Crazy rhythm, Fa-Ce-La, Higher ground) entre les morceaux de folk-pop mélancolique qu'il a composé pour son premier album solo Wheels in motion. Les gens dansent. Le groupe (Vinny de Nunzio, Dave Weckerman –tous deux étant d'anciens membres des Feelies–, Adam Berardo, Bob Torcello) est parfait, juste assez nerveux pour suivre les inflexions entre calme au bord des larmes et galopades échevelés. J'espère secrètement qu'il va jouer Egyptian Reggae de Richman, mais non mieux encore, en rappel il sert What Goes on. Great show.
En parlant de ça, Lou Reed et John Zorn jouaient ensemble le 10 janvier dernier à The Stone, l'espace musical en forme de boîte à chaussures pour musiques casse-tête (voire casse-couilles) que le second a ouvert dans l'East Village. Et pourquoi pas David Bowie et Sun Ra jammant ensemble au Jimmy ? Rassurez-vous, j'y étais pas mais je me console en me disant qu'il y a de fortes chances pour que j'ai seulement loupé une heure ou deux d'expérimentations pénibles, genre Lou fait des solos pendant que Laurie Anderson lit de la poésie orientale et que John Zorn martyrise son saxo. On se rassure comme on peut.
Donc, j'ai fait deux trois trucs dernièrement. J'ai bien entamé Extremely loud and incredibly close de Jonathan Safran Foer très original, drôle et triste, une sorte d'Attrape cœur de Salinger transposé dans le New York d'après le 11 septembre mais il y a pire référence. Je suis aussi allé voir quelques concerts.
D'abord Tyvek au Cake Shop dans le Lower east side. Un groupe de Detroit, Michigan, de la meilleure espèce de punk qui dépote, en dépit d'un son pourri et d'un retard de deux heures sur le programme. Le chanteur chante faux, les trois guitares sont mal accordées, mais l'ambiance The Fall sur fil de fer barbelés vaut le coup. Leur tube s'appelle Give it up. Et c'est un groupe qui ne prend pas de pose, à la différence d'autres gros connards comme ceux-ci : c'est une parenthèse mais vous avez déjà entendu parler d'un groupe français qui s'appelle The Teenagers ? Ces blaireaux jouaient cette semaine à New York. Et des têtes à claque pareilles, on n'en croise pas tous les jours. Ça donne limite des envies de meurtre.
Donc Glenn Mercer au Maxwell's, à Hoboken, dans le New Jersey. Il est venu en voisin puisque les Feelies se sont formés pas très loin, à Haledon. Ironiquement, c'est dans cette même salle que le groupe a donné son dernier concert.
C'est toujours un peu l'aventure pour aller au Maxwell's parce qu'il faut sortir de New York en prenant le Path, un métro alternatif au subway new-yorkais qui part depuis le World Trade Center, laissant l'impression que l'on passe sous un immense cimetière de fantôme.
Après il faut marcher dans Hoboken. La ville dégage un charme presque provincial, avec ses commerces tous alignées le long de la rue principale, Washington street. Et là on arrive , au croisement avec 10th street dans un lieu merveilleux. La meilleure salle où je me sois rendu ici, je trouve, avec un bar-restaurant en brique rouge où on peut manger pour pas cher en attendant d'aller voir le concert dans la salle adjacente. On peut patienter grâce à un jukebox très très sophistiqué (ma dernière playlist : un Modern Lovers, The Castaways, les Buzzcocks). Le public est à des milliers d'années de celui de New York, il y a nettement moins de trendy people et plus de gens normaux voire même une vieille dame avec un déambulateur (la maman de Glenn Mercer ?) et un routier à casquette et chemise en jean.
Le concert était merveilleux. On dirait qu'on l'a ressorti d'un bocal de formol tant il ressemble au Glenn Mercer d'il y a dix ans. Il porte des lunettes de soleil, n'esquisse pas l'ombre d'un sourire, dit tout juste merci entre les morceaux et serre les mâchoires en grimaçant. Il y a un nerd barbu en transe juste devant la scène qui gigote encore plus lorsqu'il joue un morceau des Feelies (Crazy rhythm, Fa-Ce-La, Higher ground) entre les morceaux de folk-pop mélancolique qu'il a composé pour son premier album solo Wheels in motion. Les gens dansent. Le groupe (Vinny de Nunzio, Dave Weckerman –tous deux étant d'anciens membres des Feelies–, Adam Berardo, Bob Torcello) est parfait, juste assez nerveux pour suivre les inflexions entre calme au bord des larmes et galopades échevelés. J'espère secrètement qu'il va jouer Egyptian Reggae de Richman, mais non mieux encore, en rappel il sert What Goes on. Great show.
En parlant de ça, Lou Reed et John Zorn jouaient ensemble le 10 janvier dernier à The Stone, l'espace musical en forme de boîte à chaussures pour musiques casse-tête (voire casse-couilles) que le second a ouvert dans l'East Village. Et pourquoi pas David Bowie et Sun Ra jammant ensemble au Jimmy ? Rassurez-vous, j'y étais pas mais je me console en me disant qu'il y a de fortes chances pour que j'ai seulement loupé une heure ou deux d'expérimentations pénibles, genre Lou fait des solos pendant que Laurie Anderson lit de la poésie orientale et que John Zorn martyrise son saxo. On se rassure comme on peut.
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