A propos de Skovoroda :
« Il avait lui-même creusé sa propre tombe, sur laquelle il avait fait graver : “Le monde m'a harcelé, mais il ne m'a pas pris” »
(Michel Evdokimov, Pèlerins russes et vagabonds mystiques)
vendredi 19 mars 2010
dimanche 28 février 2010
Un conseil de Flannery O'Connor
«Apprenez à peindre avec des mots», écrit-elle dans une lettre au professeur Ben Griffith du 8 juin 1955.
mercredi 3 février 2010
Au cinéma
Le saviez-vous ? «Durant la dernière décennie, ce sont exactement 225 films français qui sont sortis avec un titre intégrant soit la première, soit la deuxième personne, soit l'indéfini “on” mis pour “nous”.» Facétieux – il a appelé son article “Je suis un héros de film français” –, Fabien Baumann, dont le texte est extrait du dossier 'Bilan d'une décennie' de Positif, précise : « Dès l'année 2000, quatorze films français parlent au spectateur à la première personne, sur le ton de l'invective, de préférence. Un programme assez dense : Sauve-moi, Baise-moi, Epouse-moi (ouf !)» Il ajoute, plus loin : «Peu politisé, peu contestataire, le cinéma français des années 2000 passe son temps à créer du “nous”.» Essayer de créer du collectif avec de l'égocentrique, en somme.
vendredi 29 janvier 2010
Hygiène de vie
« Dites-moi, cela ne vous est-il jamais arrivé ? Vous êtes couchée dans la nuit, vous regardez le plafond dans le noir, paralysée de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l'étage, un enfant pleure et pleure à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé qu'au théâtre des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé de voir à l'horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N'avez-vous jamais trouvé une route dont les pavés sont capables de supporter précisément autant de pas qu'il vous en faut pour vous libérer de la douleur ?
Je crois fermement que le monde vient à votre secours. On ne sait ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois, être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même.
(…)
Non, ne vous étonnez pas. Il ne faut pas s'étonner. Peut-être faut-il en pleurer. Il faut serrer sa tête dans ses mains et aimer la vie avec ardeur, avec tant d'ardeur que tout cet amour finira par l'attendrir et par racheter sa malédiction. »
Milena Jesenská, “Mystérieuses rédemptions”, dans Vivre (recueil d'essais et de reportages, paru aux éditions Lieu Commun en 1986)
Je crois fermement que le monde vient à votre secours. On ne sait ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois, être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même.
(…)
Non, ne vous étonnez pas. Il ne faut pas s'étonner. Peut-être faut-il en pleurer. Il faut serrer sa tête dans ses mains et aimer la vie avec ardeur, avec tant d'ardeur que tout cet amour finira par l'attendrir et par racheter sa malédiction. »
Milena Jesenská, “Mystérieuses rédemptions”, dans Vivre (recueil d'essais et de reportages, paru aux éditions Lieu Commun en 1986)
jeudi 28 janvier 2010
A Sad Day for Bananafish
“It's everybody, I mean. Everything everybody does is so – I don't know – not wrong, or even mean, or even stupid necessarily. But just so tiny and meaningless, and – sad-making. And the worst part is, if you just go bohemian or something crazy like that, you're conforming just as much as everybody else, only in a different way.” She stopped. She shook her head briefly, her face quite white, and for just a fractional moment she felt her forehead with her hand –less, it seemed, to find out whether she were perspiring than to check to see, as if she were her own parent, whether she had a fever. “I feel so funny”, she said. “I think I'm going crazy. Maybe I'm already crazy.”
Franny, dans Franny and Zooey, de JD Salinger, 1919-2010
Franny, dans Franny and Zooey, de JD Salinger, 1919-2010
samedi 11 juillet 2009
The Unvelievable truth
- Le gros problème du rock'n'roll, c'est que la génération qui l'a créé s'est embourgeoisée. Le rock se donne des airs de rebelle, mais qui y croit encore ? Les stars ont cinquante ans, elles sont hyper riches ou font de la pub ! Leur révolution est devenue une industrie capitaliste ! Stop ! Heureusement, j'ai trouvé la musique contestataire d'aujourd'hui ! Une véritable agression contre les parents !
- De la musique de supermarché ??
- Et en plus je l'écoute doucement.
Calvin et Hobbes, Complètement surbookés ! (Tome 15), Bill Watterson
A méditer.
Sur une note connexe, penser à relire Le Baron Noir, de Pétillon (au scénario) et de Got, dont un critique de Chronic'art m'apprend qu'il s'agit de l'"un des rares exemples de comic-strip frenchy réussi" paru dans Le Matin de Paris de 1977 à 1980.
Inutile d'insister sur le fait que ces variations élégantes et stylisées sur le thème du rapace (Le baron noir, donc) fondant mécaniquement sur d'iimpuissants moutons comme métaphore de la société giscardienne a beaucoup, beaucoup d'échos avec celle d'aujourd'hui (la réédition est parue chez Glénat fin 1999, me semble-t-il).
Je laisserais le mot de la fin à Calvin et Hobbes :
- Hobbes, what do you think happens to us when we die ?
- I think we play saxophone for an all-girl cabaret in New Orleans.
- So you believe in heaven ?
- Call it what you like.
- De la musique de supermarché ??
- Et en plus je l'écoute doucement.
Calvin et Hobbes, Complètement surbookés ! (Tome 15), Bill Watterson
A méditer.
Sur une note connexe, penser à relire Le Baron Noir, de Pétillon (au scénario) et de Got, dont un critique de Chronic'art m'apprend qu'il s'agit de l'"un des rares exemples de comic-strip frenchy réussi" paru dans Le Matin de Paris de 1977 à 1980.
Inutile d'insister sur le fait que ces variations élégantes et stylisées sur le thème du rapace (Le baron noir, donc) fondant mécaniquement sur d'iimpuissants moutons comme métaphore de la société giscardienne a beaucoup, beaucoup d'échos avec celle d'aujourd'hui (la réédition est parue chez Glénat fin 1999, me semble-t-il).
Je laisserais le mot de la fin à Calvin et Hobbes :
- Hobbes, what do you think happens to us when we die ?
- I think we play saxophone for an all-girl cabaret in New Orleans.
- So you believe in heaven ?
- Call it what you like.
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