Tony's gone for good… Let us all share our sad feelings with an old cowboy song :
mardi 30 octobre 2007
Laisse pas traîner Dick Cheney (another hunting controversy)
Décidément, il vaut mieux tenir Dick Cheney éloigné de tout terrain de chasse afin d'éviter la polémique. La dernière fois, en février 2006, le vice-président avait blessé Harry M. Whittington, un juriste et soutien de campagne républicain, en traquant la caille dans un ranch du sud du Texas. Mais hier, alors que Cheney rendait une visite remarquée au Clove Valley Rod and Gun Club, un terrain de chasse privé à Union Vale dans le nord de l'état de New York, la présence sur les lieux d'un drapeau confédéré –pas vraiment le symbole le plus sympathique des Etats-Unis et un souvenir douloureux pour tous les Afro-américains– dans un garage déclenche déjà une nouvelle controverse sur les serial gaffes cynégétiques de Cheney. Surtout dans une période où la résurgence de cordes de pendus et l'affaire de Jena 6 n'incitent pas vraiment à l'optimisme quant aux relations interraciales aux Etats-Unis. Si les porte-parole de Cheney se sont empressés de clamer que celui-ci n'avait rien vu, ce nouveau trophée pourrait bien renvoyer une poignée de plomb dans les fesses d'un chasseur qui n'en a pas vraiment besoin. Cela dit, remarque un chasseur dans le New York Post, personne n'a été blessé. Pas sûr.
jeudi 11 octobre 2007
Take a trip
Ce blog sera encore moins reactif que d'habitude, pour cause de voyage a Paris : a suivre ici.
dimanche 7 octobre 2007
Rock'n'roll highschool (and other jokes)
Pour sortir ce blog du coma prolongé, rien de tel que quelques bonnes blagues des semaines précédentes recyclées ici sans vergogne… et un peu de musique.
- Mais d'abord, l'info people du jour : en me promenant tranquillement dans l'East Village, je remonte 10th street au croisement de l'Avenue A, quand soudain un visage familier arrête net le flux de ma conscience. Richard HELL himself !!!!! The man who wrote Blank generation ! Assis tranquillement devant un magasin ! Après m'être prosterné devant lui et lui avoir baisé les pieds, j'ai repris mon chemin en pleurant des larmes de joie. (Désolé, je n'ai ni autographe ni photos, il va falloir me croire sur parole.)
- Sinon, grâce l'étonnante video backlist de la New York Public Library, j'ai pu mettre la main sur Rock'n'roll Highschool, passionnante réflexion post-moderne sur le mal-être adolescent américain de la fin des années 1970… Ou comment les Ramones parviennent à renverser la névrose d'une université plongée sous le joug néo-conservateur de Ms. Togar. Here comes the trailer :
Non, j'exagère… Il s'agit d'un honnête navet (quoique poussif) tourné par Allan Arkush (avec l'aide apparemment non créditée de Joe Dante et Jerry Zucker) et produit par Roger Corman, qui vaut surtout pour le jeu assez minimaliste des Ramones eux-mêmes, notamment Joey en rocker sevré de pizzas, et pour des scènes live plus vraies que nature. Inutile de vous préciser quelles peuvent être les meilleures conditions pour regarder ce film qui écrase quand même toutes les productions postérieures en matière de teen movies.
- On me dit que j'en fais trop sur Ahmadinejad (voire commentaires du post précédent) ? Allez, zou, j'en remets une couche : le New Yorker jette dans son édition du 1er octobre (je sais je suis vraiment à la bourre) un regard ironique sur la venue du président iranien à Columbia University et un article réellement étonnant sur les Iraniens de New York qui ont partagé la rupture du jeûne avec le même. Le magazine en profite pour livrer une de ses couvertures les plus drôles (qui n'aurait pas dépareillé dans Charlie Hebdo). Et ce en mélangeant les deux histoires les plus absurdement américaines de ces derniers mois : les aventures de Larry Craig, sénateur républicain de l'Idaho, dans les toilettes de l'aéroport de Minneapolis et les tribulations de Mahmoud au pays des Freedom fries.

Dans le même numéro, j'ai l'impression que les plus anti-américains d'entre vous (et je sais qu'il en rôde par ici, de cette sinistre engeance djihado-communiste) verront leurs craintes confirmées quant à l'attitude de l'administration Bush à l'égard de l'Iran dans un article de Seymour M. Hersch.
- Scoop fracassant dans The Onion de la semaine dernière (je vous avais prévenu qu'il allait y avoir du recyclage) : après sa visite surprise à Bagdad pendant le Labor Day, George W. Bush en a effectué une autre, à la Maison blanche cette fois-ci. "Le président des Etats-Unis est bien la dernière personne que je pensais croiser en allant au travail", déclare Alexander Mistri, conseiller spécial du président pour les questions législatives. (Plagiat éhonté d'un post de Corine Lesnes dans Big picture)
- Comme on parle de Bush et qu'il faut bien tempérer le parti-pris pro-républicain de ce blog, autant vous dire que je me suis rendu il y a quelques semaines au Colbert Report (thanks, Ivana!). Si vous ne connaissez pas le personnage de Stephen Colbert, dont l'impeccable incarnation d'un présentateur républicain ferait passer Bill O'Reilly de Fox News pour une lavette démocrate, a fait de lui, avec Jon Stewart, le type le plus drôle des Etats-Unis, précipitez vous ici. Un grand moment de foutage de gueule du président lors du gala de 2006 des correspondants de la Maison Blanche. Si vous êtes de passage à New York et que vous êtes prêt à faire la queue pendant deux heures, vous pouvez assister gratuitement à son show en réservant une place des mois à l'avance (quoiqu'apparemment, vu le nombre de demandes, ça risque de ne pas le faire dans l'immédiat). Show millimétré, studio surchauffé, humour acide. Quand on se dit qu'en France, on a Laurent Ruquier…
- Sinon, quand vous vous faites amputer d'une jambe, un bon conseil, ne rangez pas la jambe en question dans votre barbecue.
- Une pizza aux cookies Oreo ? Yeurk blouarg… Pourtant, ça existe :
- Sinon, le soundtrack de la semaine :
1) Bobby Soxx and the Teenage queers - Learn to hate in the eighties (classic punk rock from Dallas, sur la compilation Bloodstains across Texas)
2) Mambo Taxi - Foolish Litte girl (reprise façon Marine Girls d'un classique des Shirelles). J'imagine qu'il est difficile se procurer cette magnifique cover par cet éphémère groupe anglais qui partage des liens avec Huggy Bear et Blood Sausage. Comme je n'ai pas trouvé de vidéo très probante, je me suis, dans le genre Riot grrrl, rabattu sur Bratmobile, dont je me souviens d'un très bon split-single Words and smiles avec Tiger Trap sur Four-Letter word records :
3) Hybrid Kids (Punky and Porky) - God save the queen sur la compilation A Collection of hybrid mutants sortie sur Cherry Red en 1979. Version trafiquée à la Devo des Sex Pistols sur cette compilation de reprises expérimentales de tubes punk et disco par Morgan Fisher, ancien membre, de Mott The Hoople.
4) New Order - Blue Monday. Sur la compilation International parue aux Etats-Unis en 2002 sur Rhino.
5) Wu Tang Clan - The W. Local flavor.
- Mais d'abord, l'info people du jour : en me promenant tranquillement dans l'East Village, je remonte 10th street au croisement de l'Avenue A, quand soudain un visage familier arrête net le flux de ma conscience. Richard HELL himself !!!!! The man who wrote Blank generation ! Assis tranquillement devant un magasin ! Après m'être prosterné devant lui et lui avoir baisé les pieds, j'ai repris mon chemin en pleurant des larmes de joie. (Désolé, je n'ai ni autographe ni photos, il va falloir me croire sur parole.)
- Sinon, grâce l'étonnante video backlist de la New York Public Library, j'ai pu mettre la main sur Rock'n'roll Highschool, passionnante réflexion post-moderne sur le mal-être adolescent américain de la fin des années 1970… Ou comment les Ramones parviennent à renverser la névrose d'une université plongée sous le joug néo-conservateur de Ms. Togar. Here comes the trailer :
Non, j'exagère… Il s'agit d'un honnête navet (quoique poussif) tourné par Allan Arkush (avec l'aide apparemment non créditée de Joe Dante et Jerry Zucker) et produit par Roger Corman, qui vaut surtout pour le jeu assez minimaliste des Ramones eux-mêmes, notamment Joey en rocker sevré de pizzas, et pour des scènes live plus vraies que nature. Inutile de vous préciser quelles peuvent être les meilleures conditions pour regarder ce film qui écrase quand même toutes les productions postérieures en matière de teen movies.
- On me dit que j'en fais trop sur Ahmadinejad (voire commentaires du post précédent) ? Allez, zou, j'en remets une couche : le New Yorker jette dans son édition du 1er octobre (je sais je suis vraiment à la bourre) un regard ironique sur la venue du président iranien à Columbia University et un article réellement étonnant sur les Iraniens de New York qui ont partagé la rupture du jeûne avec le même. Le magazine en profite pour livrer une de ses couvertures les plus drôles (qui n'aurait pas dépareillé dans Charlie Hebdo). Et ce en mélangeant les deux histoires les plus absurdement américaines de ces derniers mois : les aventures de Larry Craig, sénateur républicain de l'Idaho, dans les toilettes de l'aéroport de Minneapolis et les tribulations de Mahmoud au pays des Freedom fries.
Dans le même numéro, j'ai l'impression que les plus anti-américains d'entre vous (et je sais qu'il en rôde par ici, de cette sinistre engeance djihado-communiste) verront leurs craintes confirmées quant à l'attitude de l'administration Bush à l'égard de l'Iran dans un article de Seymour M. Hersch.
- Scoop fracassant dans The Onion de la semaine dernière (je vous avais prévenu qu'il allait y avoir du recyclage) : après sa visite surprise à Bagdad pendant le Labor Day, George W. Bush en a effectué une autre, à la Maison blanche cette fois-ci. "Le président des Etats-Unis est bien la dernière personne que je pensais croiser en allant au travail", déclare Alexander Mistri, conseiller spécial du président pour les questions législatives. (Plagiat éhonté d'un post de Corine Lesnes dans Big picture)
- Comme on parle de Bush et qu'il faut bien tempérer le parti-pris pro-républicain de ce blog, autant vous dire que je me suis rendu il y a quelques semaines au Colbert Report (thanks, Ivana!). Si vous ne connaissez pas le personnage de Stephen Colbert, dont l'impeccable incarnation d'un présentateur républicain ferait passer Bill O'Reilly de Fox News pour une lavette démocrate, a fait de lui, avec Jon Stewart, le type le plus drôle des Etats-Unis, précipitez vous ici. Un grand moment de foutage de gueule du président lors du gala de 2006 des correspondants de la Maison Blanche. Si vous êtes de passage à New York et que vous êtes prêt à faire la queue pendant deux heures, vous pouvez assister gratuitement à son show en réservant une place des mois à l'avance (quoiqu'apparemment, vu le nombre de demandes, ça risque de ne pas le faire dans l'immédiat). Show millimétré, studio surchauffé, humour acide. Quand on se dit qu'en France, on a Laurent Ruquier…
- Sinon, quand vous vous faites amputer d'une jambe, un bon conseil, ne rangez pas la jambe en question dans votre barbecue.
- Une pizza aux cookies Oreo ? Yeurk blouarg… Pourtant, ça existe :
- Sinon, le soundtrack de la semaine :
1) Bobby Soxx and the Teenage queers - Learn to hate in the eighties (classic punk rock from Dallas, sur la compilation Bloodstains across Texas)
2) Mambo Taxi - Foolish Litte girl (reprise façon Marine Girls d'un classique des Shirelles). J'imagine qu'il est difficile se procurer cette magnifique cover par cet éphémère groupe anglais qui partage des liens avec Huggy Bear et Blood Sausage. Comme je n'ai pas trouvé de vidéo très probante, je me suis, dans le genre Riot grrrl, rabattu sur Bratmobile, dont je me souviens d'un très bon split-single Words and smiles avec Tiger Trap sur Four-Letter word records :
3) Hybrid Kids (Punky and Porky) - God save the queen sur la compilation A Collection of hybrid mutants sortie sur Cherry Red en 1979. Version trafiquée à la Devo des Sex Pistols sur cette compilation de reprises expérimentales de tubes punk et disco par Morgan Fisher, ancien membre, de Mott The Hoople.
4) New Order - Blue Monday. Sur la compilation International parue aux Etats-Unis en 2002 sur Rhino.
5) Wu Tang Clan - The W. Local flavor.
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mardi 25 septembre 2007
Free speech
Vous imaginez cinq minutes Mahmoud Ahmadinejad à la Sorbonne, en train d'expliquer que non, il n'existe pas d'homosexuels en Iran et qu'il n'est nul pays au monde où les femmes bénéficient d'autant de liberté ? Drôle d'ambiance fiévreuse, du coup, hier à l'université de Columbia. Entre conviction d'être aux avant-postes de la liberté d'expression et inquiétude de savoir qu'à quelques mètres de là, l'un des hommes les plus inquiétants au monde est en train de prendre la parole à la tribune d'un institut des affaires internationales. Un Ahmadinejad tel qu'en lui-même, son demi-sourire, ses vestes trop larges, sa rhétorique en béton armée. Je ne sais pas s'il raconte sa journée d'hier sur son blog. Mais le débat a bien eu lieu, et en même temps, pas de surprise, l'ancien Gardien de la révolution n'a jamais rien dit d'autre que ce que l'on attendait de lui. Sauf peut-être cet étrange aveu selon lequel il n'y a pas d'homosexuels en Iran, qui en dit plus long sur sa vision du monde que ses longues tirades sur les rapports entre science et religion. Et dire que pendant ce temps-là, ce pauvre vieux Donald Rumsfeld a un mal fou à se recaser à l'Université de Stanford…
Sinon –et le seul lien avec ce qui précède est bien la liberté d'expression–, a-t-on le droit de porter un badge liant le port de l'uniforme dans une école aux Jeunesses hitlériennes ? La question s'est posée à Bayonne (pas dans les Pyrénées-Atlantiques, hein, dans le New Jersey), rapporte le New York Times de dimanche dernier. Le Federal district court, à Newark, a conclu que le port de ce badge ne perturbait pas le travail à l'école. Du coup, le jeune Michael Pinto a pu retourner en cours avec son badge. Le NYT en profite pour passer en revue différentes cas de figure. Un tee-shirt avec une photo de Bush placée sur le corps d'un poulet entouré de derricks, d'un rasoir avec un trait de cocaïne et d'un verre de martini, le tout portant la mention "Faucon-poule-mouillée-en-chef", est-ce que ça passe la douane ? En excursion scolaire, le jeune portant cette élégante liquette s'est vu intimer l'ordre de la mettre à l'envers ou de changer de tee-shirts. Du coup, "lui et ses parents, comme toute famille qui se respecte, sont allés devant le tribunal", poursuit le journaliste. Résultat : après avoir perdu leur procès, ils ont gagné en appel. Pas comme cet étudiant du Vermont qui s'est vu proscrire le port d'un tee-hirt Marylin Manson parce que le musicien faisait la promotion de "conduites destructrices et de valeurs démoralisantes contraires à la mission éducative de l'école". Et le New York Times de s'interroger : "Et Black Sabbath, Britney Spears, Eminem ?"
Sinon –et le seul lien avec ce qui précède est bien la liberté d'expression–, a-t-on le droit de porter un badge liant le port de l'uniforme dans une école aux Jeunesses hitlériennes ? La question s'est posée à Bayonne (pas dans les Pyrénées-Atlantiques, hein, dans le New Jersey), rapporte le New York Times de dimanche dernier. Le Federal district court, à Newark, a conclu que le port de ce badge ne perturbait pas le travail à l'école. Du coup, le jeune Michael Pinto a pu retourner en cours avec son badge. Le NYT en profite pour passer en revue différentes cas de figure. Un tee-shirt avec une photo de Bush placée sur le corps d'un poulet entouré de derricks, d'un rasoir avec un trait de cocaïne et d'un verre de martini, le tout portant la mention "Faucon-poule-mouillée-en-chef", est-ce que ça passe la douane ? En excursion scolaire, le jeune portant cette élégante liquette s'est vu intimer l'ordre de la mettre à l'envers ou de changer de tee-shirts. Du coup, "lui et ses parents, comme toute famille qui se respecte, sont allés devant le tribunal", poursuit le journaliste. Résultat : après avoir perdu leur procès, ils ont gagné en appel. Pas comme cet étudiant du Vermont qui s'est vu proscrire le port d'un tee-hirt Marylin Manson parce que le musicien faisait la promotion de "conduites destructrices et de valeurs démoralisantes contraires à la mission éducative de l'école". Et le New York Times de s'interroger : "Et Black Sabbath, Britney Spears, Eminem ?"
mardi 11 septembre 2007
From New Zealand with love
Hey you New Zealand rock'n'roll music fans !
C'est en tombant de manière fortuite sur le Brian Turner show sur WFMU que j'ai replongé : pensez donc, trois heures d'émission uniquement consacrées aux plus obscurs groupes néo-zélandais imaginables du début et du milieu des années 1980 : The Rip, Nux Vomica, The Primates, Goblin Mix, Alpaca Brothers et autres Smelly Feet… Aux commandes de cette sélection full of post punk gems, Tom Lax, boss du label de Philadelphie Siltbreeze qui a introduit aux Etats-Unis de nombreux groupes du versant le plus expérimental du rock néozélandais –dont The Dead C et le label Xpressway. Avec en guest-star, Hamish Kilgour, qui avec son frère David, a fait les beaux jours de The Clean avant de rejoindre New York et The Mad Scene.
Il y a de quoi prendre vite fait un aller-simple pour Dunedin (ou un ticket Greyhound pour Philadelphie en ce qui me concerne) afin de dégotter un pressage original du Suzanne said des Shallows ou The Inside Track des Stridulators. Bref vous feriez bien d'aller jeter une oreille fissa à ces petites merveilles.
Du coup, hop, une incredibly good video des Verlaines, The Death and the maiden:
Sinon, dans le genre video datée et mal synchronisée, j'ai à vous proposer ce –malgré tout– très émouvant clip d'époque des Chills :
Et encore le clip de leur tube Heavenly Pop Hit est encore pire dans le genre nonsensical, mais charmant également. Si vous êtes dans le coin, ils jouent ce soir au Lake Wanaka centre (à l'heure où j'écris ces mots, c'est déjà le 13 dans le sud de la Nouvelle-Zélande…)
Pour la route, vous reprendrez bien un peu de Chris Knox, avec ou sans les Tall Dwarfs ?
mercredi 5 septembre 2007
Lost and found heroes
Mardi soir, une salle que je n'avais jamais vue, le Spiegeltent, flanquée au ras de l'East River derrière le South Street Seaport avec une vue radicale sur le Brooklyn Bridge et le Manhattan bridge. Je suis en retard. Sur la scène d'un petit chapiteau baptisé "Salon perdu", Daniel Johnston (Des photos ici). En le regardant trembler comme une feuille alors qu'il s'agrippe de toute ses forces au micro, je me demande brièvement ce que je fais là, si ça ne va pas être un remake musical d'Antonin Artaud au Vieux Colombier.
Daniel Johnston n'a rien, pas d'instrument, juste un polo et un guitariste qui joue sobre et juste, Brett Hartenbach. J'avoue ne pas avoir suivi grand chose de la carrière de Daniel Johnston depuis des lustres, donc je ne connais pas les morceaux. J'ai une vieille cassette collector que j'ai achetée par correspondance il y a une dizaine d'années (Respect, sorti en 1985 sur Stress records), la réédition de Continued story qu'un ami m'a offert et la version de Speeding Motorcycle enregistrée au téléphone (!) avec Yo la Tengo sur WFMU. Chanson qu'il interprète très vite et très bien à la demande générale. Il enchaîne les morceaux tête baissée, place quelques blagues de sa voix étranglée entre les morceaux. True love will find you in the end, Grievances, Bloody Rainbow, ou la bouleversante Go… Est-ce qu'on applaudit à tout rompre pour se dire qu'il va bien, quand même, pour quelqu'un qui souffre d'un bipolar disorder ou parce que ce sont simplement des chansons magnifiques ? Ou est-ce que cette question n'a aucun sens ? La voix chevrote, trébuche, mais ne rompt pas. A un moment, il disparaît dans le public, tout le monde s'assseoit et là, surprise, il est au piano, il martèle les touches comme un sourd, le nez collé aux paroles écrites à la main dans un cahier plastifié.
Puis il s'en va après nous avoir souhaité un "Merry christmas". Puis retour, rappel "avec une reprise de mon ami John Lennon" : You've got to hide your love away, "ce qui est toujours un bon conseil". Puis il enchaîne sur Deviltown a capella. Il crie presque et balaie la salle d'un long regard indéfinissable. Troublant. But nice concert, though.
And now something completely different… J'ai failli rencontrer le même soir un autre de mes héros : Michael Palin des Monty Pythons dédicaçait son dernier livre de souvenirs. Mais j'avais sous-estimé la place que peuvent prendre les fans des Monty Pythons dans une librairie Barnes and Noble. Du coup j'ai tout juste pu l'apercevoir sur la pointe des pieds derrière un rayon, sans pouvoir faire signer mon 33 tours collector de la bande-son de la Vie de Brian. Too bad.
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