jeudi 17 juin 2010

Correspondance

«A novel, like a letter, should be loose, cover much ground, run swiftly, take risk of mortality and decay. »
Saul Bellow, dans une lettre de 1953 à Bernard Malamud, cité dans le New Yorker du 26 avril 2010.

mercredi 28 avril 2010

Lulu

« En tant que solitaire, je considère comme mes deux droits les plus précieux celui qui me permet de choisir mes périodes de solitude et celui qui me permet de choisir les gens dont je souhaite la compagnie en mes périodes de sociabilité»
Louise Brooks, dans Louise Brooks par Louise Brooks (Pygmalion, 1983, traduction d'un recueil d'essais écrits par l'actrice pour le magazine anglais Sight and sound)

vendredi 19 mars 2010

Un Socrate russe

A propos de Skovoroda :
« Il avait lui-même creusé sa propre tombe, sur laquelle il avait fait graver : “Le monde m'a harcelé, mais il ne m'a pas pris” »
(Michel Evdokimov, Pèlerins russes et vagabonds mystiques)

dimanche 28 février 2010

Un conseil de Flannery O'Connor

«Apprenez à peindre avec des mots», écrit-elle dans une lettre au professeur Ben Griffith du 8 juin 1955.

mercredi 3 février 2010

Au cinéma

Le saviez-vous ? «Durant la dernière décennie, ce sont exactement 225 films français qui sont sortis avec un titre intégrant soit la première, soit la deuxième personne, soit l'indéfini “on” mis pour “nous”.» Facétieux – il a appelé son article “Je suis un héros de film français” –, Fabien Baumann, dont le texte est extrait du dossier 'Bilan d'une décennie' de Positif, précise : « Dès l'année 2000, quatorze films français parlent au spectateur à la première personne, sur le ton de l'invective, de préférence. Un programme assez dense : Sauve-moi, Baise-moi, Epouse-moi (ouf !)» Il ajoute, plus loin : «Peu politisé, peu contestataire, le cinéma français des années 2000 passe son temps à créer du “nous”.» Essayer de créer du collectif avec de l'égocentrique, en somme.

vendredi 29 janvier 2010

Hygiène de vie

« Dites-moi, cela ne vous est-il jamais arrivé ? Vous êtes couchée dans la nuit, vous regardez le plafond dans le noir, paralysée de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l'étage, un enfant pleure et pleure à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé qu'au théâtre des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé de voir à l'horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N'avez-vous jamais trouvé une route dont les pavés sont capables de supporter précisément autant de pas qu'il vous en faut pour vous libérer de la douleur ?
Je crois fermement que le monde vient à votre secours. On ne sait ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois, être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même.
(…)
Non, ne vous étonnez pas. Il ne faut pas s'étonner. Peut-être faut-il en pleurer. Il faut serrer sa tête dans ses mains et aimer la vie avec ardeur, avec tant d'ardeur que tout cet amour finira par l'attendrir et par racheter sa malédiction. »

Milena Jesenská, “Mystérieuses rédemptions”, dans Vivre (recueil d'essais et de reportages, paru aux éditions Lieu Commun en 1986)